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  <title>Blog d'Anne-Sophie Godfroy</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 04 Apr 2010 23:39:25 +0200</pubDate>
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    <title>Victoires à la Pyrrhus</title>
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    <pubDate>Tue, 23 Mar 2010 12:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Régionales 2010</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Au soir du 14 mars, un perdant a été aussitôt identifié, le MoDem. Il a perdu une bataille, il n’a pas encore tout à fait perdu la guerre, nous y reviendrons dans un prochain billet. Europe Ecologie, le Parti Socialiste, le Front National, le Parti de gauche et même l’UMP, avec une certaine dose de mauvaise foi et de déni de la réalité, ont célébré ce qui leur apparaissait comme des «victoires», mais ces victoires risquent de révéler des victoires à la Pyrrhus. Pyrrhus 1er est ce roi d’Epire qui a certes gagné les batailles d'Héraclée en - 280 et d'Ausculum en - 279, mais en y perdant son armée et en hypothéquant son avenir.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.Pyrrhus.JPG_s.jpg&quot; alt=&quot;Pyrrhus.JPG.jpeg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Pyrrhus.JPG.jpeg, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tous les partis ont perdu des voix entre le 1er tour de 2004 et le 1er tour de 2010, à l'exception de l’union de la gauche qui en gagne 40 000, une bien faible progression quand le corps électoral compte deux millions trois cents mille électeurs supplémentaires! La perte de voix la plus spectaculaire est à droite avec près de trois millions et demi de voix perdues. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/diff-voix2004-2010.png&quot; title=&quot;diff-voix2004-2010.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.diff-voix2004-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;diff-voix2004-2010.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;diff-voix2004-2010.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si le pourcentage de suffrages exprimés peut faire illusion, en pourcentage des inscrits, tous les partis reculent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/inscrits2004-2010.png&quot; title=&quot;inscrits2004-2010.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.inscrits2004-2010_m.jpg&quot; alt=&quot;inscrits2004-2010.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;inscrits2004-2010.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En apparence, rien ne change fondamentalement si l'on considère la répartition des sièges en 2004 et 2010 (source: &lt;a href=&quot;http://www.elunet.org/&quot;&gt;http://www.elunet.org/&lt;/a&gt; et chiffres du ministère de l'intérieur).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/sieges2004.png&quot; title=&quot;sieges2004.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.sieges2004_m.jpg&quot; alt=&quot;sieges2004.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;sieges2004.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/sieges2010.png&quot; title=&quot;sieges2010.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.sieges2010_m.jpg&quot; alt=&quot;sieges2010.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;sieges2010.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’UMP&lt;/strong&gt; se vante d’avoir su faire l’union dès le premier tour, excellente méthode pour ne pas se compter et concéder le moins possible à ses alliés lors des futures territoriales, et arrive en tête dans quelques régions. Certes, elle ratisse large et parvient à prendre en otage le Nouveau Centre, les Chasseurs, les Radicaux et le MPF, mais elle se prive de toute possibilités de reports de voix au second tour et concède un nombre de siège plus important qu’en 2004 à ses alliés. L’UMP perd collectivement comme union de la droite (490 sièges en 2004, 460 en 2010) et termine avec 330 sièges au lieu de 345 en 2004. En nombre de voix, la défaite est encore plus cinglante: la droite perd deux millions de voix, alors que le corps électoral compte deux millions trois cents mille électeurs supplémentaires!  Elle améliore son résultat catastrophique du premier tour (12,31% des inscrits), mais alors qu’elle rassemblait 23,25% en 2004 des inscrits en 2004, elle ne rassemble que 17,29% en 2010, alors qu’elle est présente dans toutes les régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le Front National&lt;/strong&gt; n’est qu’un gagnant de façade, grâce à l'abstention, il perd en réalité un million de voix entre le premier tour de 2004 et celui de 2010 et passe de 9,35% des inscrits en 2004 à 5,49% des inscrits de 2010. Bien qu’il se maintienne à un haut niveau au second tour, il perd des élus, de 156 à 118.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’incapacité de gagner seuls, même rassemblés, la tentation de gagner avec le FN risque de réapparaître à la droite de la droite avec la tentation symétrique de ressusciter l’UDF. Ces deux forces centrifuges pourraient faire éclater un groupe dont la cohérence idéologique est de plus en plus artificielle et ne tenait que par la promesse de la victoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le Parti de Gauche&lt;/strong&gt; perd des élus, mais gagne sur la stratégie. L’union de la gauche l’emporte largement sans alliance avec le MoDem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Europe Ecologie&lt;/strong&gt; est en apparence le grand gagnant des régionales: une progression spectaculaire en nombre d’élus, de 159 à 263, mais aucun présidence de région. Les Verts ont préféré maximiser leur nombre d’élus au lieu d’exiger de leur allié le PS des présidences de région. Cette stratégie risque de leur coûter cher à l’avenir et de les cantonner dans le rôle de supplétifs du PS qui n’auront aucune région «vitrine» qui leur permettrait d’expérimenter un programme différent de celui de la gauche. Ils ont perdu une occasion historique d’exister politiquement et de provoquer une recomposition des lignes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le Parti Socialiste&lt;/strong&gt; renouvelle et améliore son exploit de 2004 et remporte une région de plus, la Corse. Il augmente pourtant peu son nombre d’élus, de 714 à 754, malgré un recul des sièges du PC et de la gauche du PS, de 191 à 102. Ce sont les écologistes qui profitent finalement de la bonne performance de l’union de la gauche. Plus grave, le PS risque de se retrouver prisonnier de sa victoire. Les tenants de l’union de la gauche et du statu quo l’ont finalement emporté contre les tenants de la modernisation idéologique et de l’alliance avec le MoDem. Par défaut, «la gauche» a gagné sans difficulté, alors même que la plupart des présidents sortants sont des inconnus assez terne au bilan honnête mais rarement flamboyant. Hélas, il est peu vraisemblable que cette stratégie par défaut suffise pour remporter une élection présidentielle. Le grand écart entre les déclarations très idéologiquement marquées à gauche du PS et sa pratique très gestionnaire et réaliste du pouvoir n’a pas échappé au Front de Gauche qui n’a cessé d’attaquer le PS sur ce thème au cours de la campagne. Sans les voix écologistes, le recul de la gauche aurait été manifeste. Le PS se retrouve dans une impasse idéologique et dans l’incapacité de travailler sérieusement à un programme: ou il conserve son logiciel de l’époque de la guerre froide en façade et sa co-gestion néo-libérale des affaires avec l’Etat UMP, mais il y perd sa crédibilité et ses électeurs; ou il modernise son logiciel et le met en accord avec de nouvelles pratiques, au risque de fâcher sa gauche. Comme cette gauche résiste et vient de donner tort au camp «moderniste», le statu quo et le gel idéologique prévaudront, pour le malheur du PS en 2012. De ce côté-là aussi, l’éclatement menace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décompte des voix est plus éloquent que les pourcentages de suffrages exprimés. Il traduit une désaffection générale pour les propositions politiques en présence.&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;En 2004:&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/1ertour2004.png&quot; title=&quot;1ertour2004.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.1ertour2004_m.jpg&quot; alt=&quot;1ertour2004.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;1ertour2004.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/2etour2004.png&quot; title=&quot;2etour2004.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.2etour2004_m.jpg&quot; alt=&quot;2etour2004.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;2etour2004.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Même au deuxième tour, l'électeur ne se résout plus à voter utile. Les chiffres de l'abstention le montrent clairement:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;En 2010:&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/1ertour2010.png&quot; title=&quot;1ertour2010.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.1ertour2010_m.jpg&quot; alt=&quot;1ertour2010.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;1ertour2010.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/2etour2010.png&quot; title=&quot;2etour2010.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/regionales/.2etour2010_m.jpg&quot; alt=&quot;2etour2010.png&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;2etour2010.png, mar. 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le parti qui saura finalement entrer en résonance avec les attentes des Français balaiera ses concurrents à la prochaine élection. &lt;strong&gt;A la lecture des résultats des élections régionales, malgré leurs élus, ni le PS, ni l'UMP, ni les écologistes ne semblent en mesure de construire cette alternative.&lt;/strong&gt; Le risque d'éclatement ou l'enfermement dans les logiques anciennes les en empêchent.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Burqa: une autre loi était possible</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2010/02/Burqa-une-autre-loi-etait-possible</link>
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    <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 17:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>burqa</category><category>Eric Besson</category><category>Femmes</category><category>GRID</category><category>identité nationale</category><category>islam</category><category>Lois</category><category>Parlement</category><category>religion</category>    
    <description>&lt;p&gt;Dans la ligne du pseudo débat sur l’identité nationale, plus ou moins instrumentalisé au service d’une communication destinée à diaboliser l’islam, après des heures de discussions sans vrai consensus, nos députés ont fini par adopter une loi pour interdire la burqa dans les lieux publics.
Il existait une autre loi possible, qui aurait été en cohérence parfaite avec la Constitution et  les valeurs de la République. Cette loi existe d'ailleurs en Italie depuis 1975.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.burqa3_m.jpg&quot; alt=&quot;burqa3.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;burqa3.jpg, fév. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Légiférer sur la burqa, c’est consacrer beaucoup d’énergie à quelques centaines de femmes en France quand il s’agirait de s’occuper de dossiers plus brulants: chômage, dette, crise économique, guerre en Afghanistan, sécurité sociale en péril, etc.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Est-ce bien la finalité d’une loi de décider comment il convient de s’habiller? Qu’il existe des règlements ou des arrêtés qui définissent les codes vestimentaires dans certains lieux, pourquoi pas, mais une loi nationale?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les Eglises ont unanimement protesté contre la stigmatisation de l’islam et le caractère inapproprié d’une législation sur le vêtement qui relève de la vie privée et des libertés individuelles. Elles ont également souligné le risque d’isolement que la loi entrainerait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A ce rythme, la législation peut continuer et interdire les monokinis sur les plages, les cagoules sur les tête des ados, les turbans, ou tout autre vêtement, ou bien à obliger certaines catégories de population à porter un signe distinctif. Nous connaissons quelques précédents. Stigmatiser une catégorie de la population et s’ingérer dans la vie privée est particulièrement malsain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce genre de loi relève uniquement de la manipulation idéologique ou de la propagande. Dans les cas qui peuvent se justifier, des réglementations municipales existent déjà ou bien il suffit de punir les délits déjà inscrits dans la loi (pour la délinquance des mineurs, par exemple).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faut-il pour autant accepter la burqa? Faut-il accepter les problèmes de sécurité liés à l’incapacité d’identifier une personne? Faut-il rester muet face aux pressions qui peuvent s’exercer sur les jeunes femmes qui choisissent de se voiler? Faut-il laisser prospérer un prosélytisme douteux? Ce ne sont pas pour ces valeurs intégristes que les Musulmans modérés sont en France, et ils seraient les premiers à lui reprocher de favoriser la propagande intégriste. Les femmes qui portent la burqa sont curieusement des converties, pour un quart d’entre elles, des femmes de moins de quarante ans, et plus souvent des françaises que des étrangères, si l’on en croit l’étude qui a été faite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une autre loi était possible, qui aurait été en cohérence parfaite avec la Constitution et  les valeurs de la République. Elle m’a été suggérée par Kudrat Singh qui réfléchit à ces sujets depuis un certain temps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’une des valeurs de la République est la capacité donnée à chaque individu d’exprimer son identité personnelle, et par là sa liberté comme personne, et de reconnaître réciproquement  l’identité de son interlocuteur. Il suffit donc donc de demander que le visage des personnes soit découvert de façon à permettre de les identifier, à moins d’empêchement médical — un blessé qui aurait le visage bandé par exemple.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le critère a le mérite d’être relativement clair et opérationnel, et de ne stigmatiser aucune catégorie, de ne pas porter atteinte aux libertés individuelles ou s'immiscer dans le domaine personnel de la religion ou des choix vestimentaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une telle loi a fait ses preuves, elle existe en Italie depuis 1975. Elle interdit de se couvrir le visage dans les lieux publics, il n'y a que la Ligue du Nord qui demande de légiférer sur la burqa, pour les raisons idéologiques que l'on imagine. (Voir Le Monde du 28 janvier: &quot;&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/01/28/debat-sur-le-voile-integral-ou-en-sont-nos-voisins_1297291_3224.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20100129-%5Bderoule%5D&amp;amp;ens_id=1245449&quot;&gt;Débat sur le voile intégral&amp;nbsp;: où en sont nos voisins ?&lt;/a&gt;&quot;)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les perles d'Hervé Morin: &quot;la dignité de la personne reste une valeur très relative&quot;</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2010/01/Les-perles-d-Herve-Morin-la-dignite-de-la-personne-reste-une-valeur-tres-relative</link>
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    <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 13:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>burqa</category><category>démocratie</category><category>Eric Besson</category><category>Femmes</category><category>identité nationale</category><category>islam</category><category>Lois</category><category>religion</category><category>Sarkozy</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le 29 janvier, à la fin d'un article dans Libération, Hervé Morin accumule les perles à propos de la burqa.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je laisse aux lecteurs le soin d'apprécier ses conceptions de la laïcité, de la dignité de la femme et de la dignité de la personne.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.morin_m.jpg&quot; alt=&quot;morin.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;morin.jpg, fév. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le paragraphe commence pourtant bien: &lt;q&gt;Une personne, c'est d'abord un visage&lt;/q&gt;, on comprend mal ensuite toutes les raisons qu'il donne de ne pas légiférer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;q&gt;Mais sur quels principes fonder une telle loi? Au nom de la laïcité? Certainement pas. La laïcité à la française défend la liberté de conscience religieuse.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entre la liberté de conscience religieuse et le prosélytisme intégriste, il y a quelques nuances...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;q&gt;Au nom de la dignité de la femme? Attention, je dis qu’il y a danger quand on considère qu’une loi peut porter sur la dignité de la personne qui reste une notion très relative. Dans ce cas, pourquoi ne pas légiférer contre la prostitution qui est ni plus ni moins une forme d’esclavagisme moderne?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux perles en quelques lignes! La dignité de la personne serait une valeur relative, et la charte européenne des droits de l'homme?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ne pourrait pas légiférer contre la prostitution: c'est pourtant le cas!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;q&gt;Seules des exigences de sécurité pourraient justifier une loi. Peut-on aller chercher son enfant à l’école sans pouvoir être identifié&amp;nbsp;? Clairement non&amp;nbsp;! Une circulaire du ministère de l’éducation nationale suffirait.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, mais l'argument sécuritaire est largement plus dangereux que ceux qui ont été précédemment cités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi avoir écarté si vite un bon principe: &lt;em&gt;une personne c'est d'abord un visage&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? C'est la loi italienne de 1975, et elle permet de traiter avec efficacité la question de la burqa, sans viser spécifiquement aucune religion.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>&quot;Députés Lisbonne&quot;: un scandale pour la démocratie</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/12/Deputes-Lisbonne-un-scandale-pour-la-democratie</link>
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    <pubDate>Thu, 10 Dec 2009 01:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Elections</category>
        <category>cumul des mandats</category><category>démocratie</category><category>Europe</category><category>Parlement</category><category>Union Européenne</category><category>élections européennes</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue. &lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/12/Simone de Beauvoir&quot; title=&quot;Simone de Beauvoir&quot;&gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quand une pétition transpartisane?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.drapeauUE_m.jpg&quot; alt=&quot;europe&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;europe, déc. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors qu'il aurait été très simple de faire élire potentiellement les deux députés supplémentaires que nous donne le traité de Lisbonne au moment des Européennes de 2009, en appliquant les règles communes, l'Elysée invente la nomination de députés nationaux à Bruxelles&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un comble quand on sait que le cumul de deux mandats de parlementaires est interdit!
On ne pouvait pas trouver plus mauvaise solution.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme démocrate, je partage l'indignation des cinq sénateurs verts signataires d'une tribune dans le Monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La tribune dans le Monde: &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/09/deputes-lisbonne-un-ersatz-democratique-par-cinq-senateurs-verts_1278339_3232.html#xtor=RSS-3208&quot;&gt;http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/09/deputes-lisbonne-un-ersatz-democratique-par-cinq-senateurs-verts_1278339_3232.html#xtor=RSS-3208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/12/Deputes-Lisbonne-un-scandale-pour-la-democratie#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lettre ouverte à Gilles Perret, réalisateur de &quot;Walter, retour en Résistance&quot;</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Lettre-ouverte-au-realisateur-de-Walter-retour-en-Resistance</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Nov 2009 08:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Politique</category>
        <category>Antisémitisme</category><category>Camps</category><category>Egalité</category><category>Femmes</category><category>Guerre</category><category>Juifs</category><category>MoDem</category><category>Nazisme</category><category>Résistance</category><category>Sarkozy</category><category>Simone Veil</category>    
    <description>&lt;p&gt;Je sors de la projection de votre film, recommandé par une amie journaliste. J'ai partagé votre critique du gouvernement actuel, et j'ai trouvé le film très courageux de ce point de vue. J'ai particulièrement apprécié les interventions de Stéphane Hessel. (...) J'ai néanmoins regretté deux omissions gênantes, surtout quand nous défendons des idéaux humanistes et l'égalité des droits.(...) Les deux grands absents du film sont les femmes et les Juifs.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/walter.jpg&quot; alt=&quot;walter.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;walter.jpg, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cher Monsieur Perret,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je sors de la projection de votre film, recommandé par une amie journaliste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai partagé votre critique du gouvernement actuel, et j'ai trouvé le film très courageux de ce point de vue. J'ai particulièrement apprécié les interventions de Stéphane Hessel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis une militante du Mouvement Démocrate où nous avons aussi le sentiment d'être entrés en Résistance depuis 2007. Le livre de François Bayrou, Abus de pouvoir, porte le même message que votre film, sous une autre forme. Moi-même, j'écris des choses assez proches du message du film: &lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Identite-nationale&quot;&gt;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Identite-nationale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai néanmoins regretté deux omissions gênantes, surtout quand nous défendons des idéaux humanistes et l'égalité des droits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'égalité des droits est aussi l'égalité du droit à la mémoire. La période de la Libération n'a pas toujours été exemplaire sur ces deux points, mais soixante ans après, on pourrait mieux faire&amp;nbsp;!
Je m'étonne d'autant plus de ces omissions que les parallèles avec le présent ne manquaient pas. Je suis très surprise que personne ne l'ai remarqué avant moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les deux grands absents du film sont les femmes et les Juifs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On mentionne à peine les noms de Germaine Tillion et Lucie Aubrac au détour d'une phrase dans les dernière minutes. Pour le reste rien que de très conventionnel: une institutrice, la compagne de Walter qui fait la cuisine, des femmes qui rigolent avec Sarkozy d'une façon assez peu digne. Quand l'idéologie nazie assignait les femmes aux trois &quot;K&quot; (Kuche, Kinder, Kirche), votre film aurait pu en donner une image un peu différente. Les femmes ont joué un rôle important dans la Résistance, même si le CNR n'a pas brillé pour son féminisme en oubliant le vote des femmes dans son programme de mars 1944. Heureusement, grâce à De Gaulle, le vote des femmes est l'un des grands acquis de la Libération fin 1944.
Quelques références:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Numéro spécial de Clio sur les femmes et la résistance: &lt;a href=&quot;http://clio.revues.org/index700.html&quot;&gt;http://clio.revues.org/index700.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dans ce numéro, un article de Rita Thalmann sur l'oubli des femmes dans l'historiographie: &lt;a href=&quot;http://clio.revues.org/index513.html&quot;&gt;http://clio.revues.org/index513.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Les femmes et la Résistance&lt;/em&gt; - Cahiers de la Résistance de Laurence Thibault et Jean-Louis Crémieux Brilhac (AERI), La Documentation française.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;De l'ombre à la lumière. La représentation de l'action des femmes dans la Résistance&lt;/em&gt; par Rolande Trempe (AERI), la documentation française.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;L'UMP est le parti qui élimine régulièrement les femmes de son gouvernement après l'affichage de 2007 sur la parité. En réalité, nous étions au mieux à un tiers de femmes quand le discours officiel prétendait défendre la parité. On sait aussi à quel point l'UMP préfère payer plutôt que de faire élire des femmes. On les prend peu au sérieux, on n'hésite pas à caser  dans les listes une cousine, une maîtresse ou une secrétaire à la place d'une vraie femme politique, et bien sûr on leur réserve les circonscriptions inéligibles. Tous les partis français ont cette tendance, mais l'UMP détient la palme. Plus grave, un certain nombre de mesures ont renforcé la précarité des femmes qui sont majoritaires chez les travailleurs pauvres, particulièrement touchés par ce gouvernement. Dans ce contexte, votre omission est une forme d'aveuglement qui me surprend.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Encore plus gênant, sauf erreur de ma part, à aucun moment votre film ne mentionne les rafles et les déportations de Juifs par la police française. Je sais que ce n'est pas le propos du film qui porte sur la Résistance, mais comment peut-on montrer des camps de concentration sans dire que l'écrasante majorité des prisonniers étaient juifs? Comment ne pas dire aussi que les taux de survie des politiques et des Juifs sont sans commune mesure parce que les conditions de détention étaient bien pires pour les seconds, voués à l'extermination, 2% d'un côté, 40% pour le groupe de Walter? Il est vrai qu'il y eut beaucoup moins de Juifs que de Résistants pour raconter leur détention et que l'on écoutait plus volontiers ceux qui rappelaient que la France avait été héroïque que ceux qui rappelaient que la police de Vichy avait raflé des innocents pour les livrer aux nazis. Simone Veil est très explicite sur ce point dans ses mémoires. Alors que sa soeur est invitée régulièrement à témoigner comme résistante, les regards se détournent d'un air gêné quand elle parle de sa propre déportation comme juive.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Votre &quot;oubli&quot; est d'autant moins compréhensible que le parallèle est évident avec les rafles de sans papiers plusieurs fois mentionnées dans le film.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une dernier point: la liberté de la presse était bien dans les programmes du CNR, mais les gouvernements qui se sont succédés depuis la Libération n'ont jamais appliqué ce point du programme. Ils se sont contenté des rebaptiser la censure &quot;commission du papier&quot; puis &quot;commission paritaire&quot;. Vous avez néanmoins raison de dénoncer la mise sous tutelle toujours plus serrée des médias.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'aimerais beaucoup une réponse de votre part sur les deux points qui m'ont profondément choquée et m'ont empêchée d'apprécier complètement votre film et de le trouver totalement en phase avec son propre message. Pour le reste, je partage votre vision très critique de l'époque actuelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien cordialement,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Anne-Sophie Godfroy-Genin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le site du film: &lt;a href=&quot;http://www.walterretourenresistance.com/&quot;&gt;Walter, retour en Résistance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Saint-Germain-des-Prés: l'hémorragie continue</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Saint-Germain-l-hemorragie-continue</link>
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    <pubDate>Sat, 07 Nov 2009 11:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Quartier Latin</category>
        <category>6e</category><category>activités culturelles</category><category>Quartier Latin</category><category>Universités</category><category>éditeurs</category>    
    <description>&lt;p&gt;L'hémorragie continue: Le Seuil quitte la rue Jacob pour installer ses bureaux à Montrouge. Un éditeur de plus qui quitte le Quartier Latin. Seule consolation, comme plusieurs de ses confrères, il conservera une &quot;vitrine&quot; à Saint-Germain-des-Prés pour les signatures d'écrivains et les conférences de presse. On sauve la façade, mais le reste se passera ailleurs. Deux articles se sont émus de la chose: &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/culture/0101600620-pas-de-quartier-pour-les-editeurs&quot;&gt;un article d'Edouard Launet dans Libération&lt;/a&gt; et un &lt;a href=&quot;http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/03/il-n-y-aura-bientot-plus-d-editeurs-a-saint-germain-des-pres.html&quot;&gt;article de Didier Jacob du Nouvel Obs&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.saint-germain_m.jpg&quot; alt=&quot;Saint-Germain-des-pres&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Saint-Germain-des-pres, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Seuil déménage à Montrouge. Grasset, Fayard et P.O.L. font encore de la résistance, pour combien de temps?  En 1989, Les Presses de la Cité ont quitté la rue Garancière pour l'avenue d'Italie. D'autres ont suivi: Hachette est désormais dans le 15e, quai de Grenelle, et Flammarion quai Panhard-et-Levassor dans le 13e, Robert Laffont est avenue Marceau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le même temps, les PUF ont disparu pour laisser place à Delaveine. La fringue remplace le livre. Le Divan est devenu Dior, Magnard n'est plus une librairie ouverte jusqu'à minuit pour y feuilleter quelques livres avant une séance de cinéma à Odéon, c'est une parapharmacie ou un &quot;Tati Or&quot;, et le Starbucks a remplacé la librairie médicale au bout de la rue de l'Ecole-de-Médecine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nostalgie, nostalgie&amp;nbsp;? Pas seulement. Plusieurs choses sont en jeu:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1. L'atmosphère générale d'un quartier. S'il n'est plus qu'un quartier touristique qui vit sur son passé, la réplique du même quartier à Disney finira par satisfaire tout autant le touriste qui n'y viendra plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2. La créativité et la vitalité de l'édition française. Les éditeurs eux-mêmes ne s'y trompent pas et ont commencé à réinstaller des bureaux ou à conserver des &quot;vitrines&quot;. Un quartier d'affaire anonyme ne remplacera jamais complètement l'atmosphère du quartier latin. Les rencontres fortuites avec des auteurs, des créateurs ont plus de chances de se faire dans le jardin du Luxembourg qu'à la Plaine-Saint-Denis. Bref, l'écosystème est manifestement plus favorable. Espérons que l'on s'en apercevra avant de faire déménager l'EHESS !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3. L'équilibre entre les activités économiques d'un quartier: En gros les activités du quartier latin se partagent en trois tiers. Un tiers de commerce et tourisme, un tiers d'enseignement supérieur et recherche, un tiers d'industrie culturelle. Si les universités et les éditeurs déménagent — ce qu'elles ont largement commencé à faire avec les annexes de la Sorbonne à Malesherbes et Clignancourt, d'Assas dans le 15e, le départ des Ponts-et-Chaussées vers Marne-la-Vallée, etc.) — il ne restera que le tourisme, ce qui modifiera profondément les équilibres du quartier. Une mono-activité tournée vers le tourisme est vouée au dépérissement car le tourisme ne présente d'intérêt que si le lieu a une ambiance, ambiance donnée par les autres activités, culturelles et universitaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;4. L'idée de déménager les universités et les entreprises culturelles ne garantit pas leur pérennité. Chacun sait combien les universités hors de Paris sont moins attractives, personne ne sait si les éditeurs parviendront à recréer un environnement créatif. On sait que l'édition ou le cinéma peuvent mourir, est-il bien raisonnable de risquer des transplantations sauvages là où il n'y a pas de vraie nécessité&amp;nbsp;? Cela n'empêche pas de poursuivre le développement de nouveau quartiers, de nouveaux lieux de culture, ailleurs, mais est-il indispensable de déshabiller Pierre pour habiller Paul ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;5. Environ le tiers des surfaces habitables du 6e appartient à l'État ou à des collectivités, sans compter le domaine privé de la Ville de Paris. N'y a-t-il pas là le levier d'une politique de maintien des activités universitaires et culturelles? Pourquoi transférer l'EHESS à Aubervilliers quand l'ancien immeuble d'EDF se libérait à quelques dizaines de mètres sur le même boulevard?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'y a aucune fatalité à ces évolutions, nous manquons simplement politiques d'aménagement et de volonté politique pour maintenir les activités publiques et inciter les entreprises à rester.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Saint-Germain-l-hemorragie-continue#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Identité nationale: l'arbre qui cache la forêt</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/11/Identite-nationale</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Nov 2009 16:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Politique</category>
        <category>Eric Besson</category><category>Front National</category><category>identité nationale</category><category>Sarkozy</category><category>Services publics</category>    
    <description>&lt;p&gt;Mon professeur de philosophie nous avait mis en garde: quand on parle trop d'une chose, se méfier. Cela signifie que l'on est en train de la supprimer ou qu'elle est déjà morte. Se méfier des &quot;démocraties populaires&quot; qui ne sont ni démocraties ni populaires, se méfier des régimes qui vantent la liberté de la presse, c'est qu'ils sont en train de la réduire, se méfier des gouvernements qui défendent subitement l'égalité des chances, c'est que les inégalités s'accroissent. Se méfier donc de ceux qui prétendent défendre l'identité nationale, c'est qu'ils sont en train de l'attaquer.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/marianne.jpg&quot; alt=&quot;identite_nationale&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;identite_nationale, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le débat sur l'identité nationale est soudain venu s'inviter dans l'espace public, sans raisons apparentes. Pourquoi subitement lancer une telle consultation? Pour flatter un électorat conservateur? Pour récupérer quelques voix du Front National? Pour masquer d'autres sujets d'actualité plus compromettants? Pour préparer les Régionales? Sans doute un peu tout cela, mais surtout pour masquer le fait que le gouvernement passe son temps à s'attaquer à l'identité nationale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le danger ne vient pas ici de pauvres migrants mais du gouvernement lui-même qui s'ingénie à modifier l'esprit du droit français en supprimant le juge d'instruction, l'esprit des systèmes de solidarité, des services publics, les financements des collectivités locales avec la taxe professionnelle, l'architecture des institutions, etc. Sans sacraliser à l'excès un &quot;modèle français&quot; à bout de souffle qui a besoin d'un sérieux lifting, moderniser ou réformer nos institutions ne doit pas signifier détruire les logiques et les équilibres que les sous-tendent. C'est précisément cela qu'il faut masquer. Ce que vous faites, accusez vos adversaires de le faire, vieux principe stalinien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A l'époque de la présidence de W. Bush, nous disions régulièrement à nos amis américains: comment pouvez-vous laisser faire cela? Comment pouvez-vous laisser bafouer ce qui fait les valeurs des Etats-Unis, leur image dans le monde: le respect des droits de l'Homme, le refus de la torture, la défense de la liberté?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nos amis étrangers commencent à nous dire la même chose: comment pouvez vous laisser bafouer ce qui fait le rayonnement de la France? Le même mois, nous avons eu l'affaire de l'EPAD qui nous a fait apparaître comme une vulgaire république bannière, puis les sommes injustifiables dépensées par la France pour organiser un sommet euro-méditerranée pharaonique mais sans perspectives politiques  cohérentes. A côté de cela nous avons renvoyé dans un pays en guerre, où nos propres troupes sont engagées, une dizaine de pauvres Afghans qui avaient tout pour mériter le statut de réfugiés. Où sont passées la liberté, l'égalité et la fraternité?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est très précisément cela, le destruction systématique de l'identité nationale par le gouvernement lui-même, que le débat a pour objectif de nous cacher. C'est donc très politique, mais pas seulement dans le sens gentiment électoraliste que l'on pouvait supposer.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>&quot;Partir de bonne heure le matin se décide le soir.&quot; Proverbe malinké</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/10/Partir-de-bonne-heure-le-matin-se-decide-le-soir</link>
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    <pubDate>Tue, 20 Oct 2009 10:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Régionales 2010</category>
        <category>Bayrou</category><category>Europe-Ecologie</category><category>MoDem</category><category>PS</category><category>Recomposition</category><category>Régionales</category><category>Verts</category>    
    <description>&lt;p&gt;C'est officiel, le socialiste Éric Loiselet, premier secrétaire fédéral de la  Haute-Marne, rejoint les listes d'Europe Écologie. Parions que les mois à venir seront ponctués de ces annonces destinées à entretenir un climat d'effritement du PS et vraisemblablement aussi du MoDem. Si l'on pouvait initialement croire à une dynamique de construction d'une alternative politique, Europe Écologie apparaît comme une machine à tuer le PS, le MoDem et vraisemblablement Les Verts eux-mêmes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.depart_m.jpg&quot; alt=&quot;depart.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;depart.jpg, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La stratégie d'Europe Écologie se dessine maintenant clairement&amp;nbsp;: déshabiller personnalité après personnalité le PS et sans doute le MoDem. Refuser des accords d'appareils a surtout l'avantage de permettre des négociations en position de force avec des individus, là où les négociations d'appareils seraient moins favorables à une organisation qui a peu de militants et d'élus en comparaison du PS.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«Partir de bonne heure le matin se décide le soir », dit le proverbe malinké. Les négociations avec les personnalités à débaucher se sont préparées dans les mois précédents. Reste à orchestrer les départs le plus théâtralement possible de manière à donner l'impression d'un effritement continu des autres partis d'opposition. Je ne suis pas certaine que les électeurs seront dupes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le MoDem est ce qu'il est. Je suis la première à en connaître les limitations et les défauts, à savoir qu'il n'a pas su encore répondre à l'espoir qu'il avait fait naître. J'imaginais il y a encore quelques mois qu'une alliance et une dynamique avec l'écologie pouvait contribuer à une recomposition politique. Je ne crois plus à cette hypothèse. &lt;strong&gt;Pour créer un partenariat et une dynamique, il faut être au moins deux.&lt;/strong&gt; Quand le partenaire refuse le partenariat et se contente de dépouiller son partenaire personne après personne le plus médiatiquement possible, il est impossible de croire à sa bonne foi. On ne peut pas se comporter comme le Minotaure et faire croire que l'on est prêt à construire une alternative politique crédible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le MoDem n'a plus d'autre choix que de monter ses listes autonomes et d'en assumer les risques. Le combat des régionales est peut-être perdu d'avance, mais autant le livrer de manière visible et à visage découvert plutôt que perdus dans les rangs d'un regroupement aux intentions douteuses. C'est encore le meilleur moyen d'assurer l'avenir et de préserver ce qui reste du capital politique du MoDem, et qui n'est pas négligeable, les 18% de François Bayrou en 2007, et l'espérance d'alternative qu'il était parvenu à susciter.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photographie de Wilfrid Hoffhacker.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Belgrade cinq ans après</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/10/Belgrade-cinq-ans-apres</link>
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    <pubDate>Fri, 16 Oct 2009 07:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>International</category>
        <category>Belgrade</category><category>Construction européenne</category><category>Economie</category><category>Europe</category><category>Europe du Sud Est</category><category>Kosovo</category><category>Russie</category><category>Serbie</category>    
    <description>&lt;p&gt;J'avais connu il y a cinq ans une ville encore marquée par la guerre et les bombardements de l'OTAN. J'ai découvert la semaine dernière une ville gaie, joyeuse, où l'on rattrape le temps perdu. Nouveaux quartiers tout en verre, rue piétonnes fraîchement pavées, restaurants et musique, enseignes américaines, Belgrade s'amuse et se positionne définitivement en capitale européenne.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/Serbia-Belgrade.jpg&quot; alt=&quot;Serbia-Belgrade.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Serbia-Belgrade.jpg, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a cinq ans, le voyage commençait par un magazine un peu vieillot sur les lignes de JAL. On y décrivait à longueur de pages les destructions d'églises et de monastères au Kosovo. Changement de décor en 2009: le même magazine a des airs design, parait en anglais et russe, et propose des publicités pour les banques, un voyage à Zürich, les temples d'Angkor, des opérations immobilières et des bureaux ultra-modernes, des restaurants, des cabarets et des hôtels de luxe. L'introduction au voyage dit à elle seule les choix de la Serbie: économie de marché à l'occidentale et ouverture internationale. L'époque du repli identitaire nationaliste est révolue, l'heure est à l'intégration européenne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le trajet de l'aéroport à la ville traverse Néo-Belgrade, quartier d'affaire tout neuf. On ne voit guère que quelques banques françaises, pour le reste, surtout des entreprises autrichiennes - l'empire austro-hongrois renait de ses cendres - et des entreprises grecques, russes, italiennes, allemandes. Dans le centre, les enseignes nostalgiques de l'ex-Yougoslavie ont fait place aux chaines habituelles: Sephora, Nike, Zara, etc. Embouteillages et nouvelles voitures témoignent de la surchauffe économique, les habitants se plaignent de la spéculation immobilière et des loyers trop élevés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec la crise, il est permis de s'interroger sur le maintient d'un tel rythme. Derrière la vitrine de capitale des plaisirs que se donne Belgrade, quelques signes des difficultés passées demeurent: un cuisinier se plaint du peu de produits disponibles et de la nécessité d'importer qui fait exploser les coûts. Dès que l'on s'éloigne du centre, les façades ne sont plus ravalées. A quelques dizaines de kilomètres, le Kosovo n'est pas loin, les Serbes de Bosnie non plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On observe un curieux mélange de &quot;western shit&quot; un peu kitsh, d'engouement pour la télé-réalité ou les jeux idiots, et de fierté nationaliste retrouvée. La cathédrale Saint-Sava est l'objet d'une fierté très nationale et très orthodoxe. &quot;Nous avons été le rempart de la chrétienté et nous le resterons&quot; et la cathédrale continue de s'élever, énorme édifice de marbre blanc dont la construction a été décidée après la chute de l'empire ottoman. Après une période d'utilisation comme parking à l'époque du socialisme, la construction a repris. L'extérieur du Montmartre local est presque terminé, le décor en mosaïque de l'intérieur et l'iconostase sont encore à l'état de plans.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Malgré les difficultés, il semble évident que la Serbie est désormais sur la voie de la construction européenne, alors qu'elle hésitait encore il y a cinq ans. C'est une excellente nouvelle pour l'Europe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il restera à régler les conflits du Kosovo pour éviter que cette région ne devienne un trou noir dans une Europe unifiée de la Grèce à l'Autriche. La reconnaissance du Kosovo est loin de faire l'unanimité. Les Russes ne l'ont pas reconnu (comme la moitié des autres pays membres de l'ONU) mais ont prétexté ce précédent juridique pour annexer l'Abkhazie.
Trouver un modus vivendi avec la Russie, très présente dans cette zone à travers ses investissements, est une clé de la paix dans cette zone et en Europe.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Corbeil et Rambouillet: occasions manquées pour le MoDem</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/30/Partielles-a-Corbeil-et-Rambouillet</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Sep 2009 08:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Elections</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mauvais présage pour le MoDem qui n'est même pas cité dans la presse. A Corbeil, Nathalie Boulay-Laurent, MoDem mais sans étiquette dans cette élection partielle, ne passe pas le barre des 5%. Où était le candidat du MoDem? On pourrait faire la même remarque pour la législative partielle de Rambouillet où le MoDem a soutenu un divers-gauche socialiste dissident arrivé après la candidate écologiste et après le PS. Un bien mauvais score si l'on se souvient que Bayrou en personne est venu soutenir le candidat. &lt;strong&gt;De bien mauvais choix ou pire, pas de choix du tout&lt;/strong&gt;, et une quasi-disparition du MoDem sur l'échiquier politique dans des circonscriptions pourtant favorables à l'UDF autrefois.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.CORBEIL_m.jpg&quot; alt=&quot;corbeil&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;corbeil, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne connais pas les situations locales et n'ai aucun avis sur l'identité des personnes du MoDem qui auraient pu recevoir l'investiture du MoDem. Je déplore simplement l'absence de candidats du MoDem. Donner une investiture à un dissident socialiste n'est pas du tout la même chose que soutenir un candidat MoDem.  Souvenez-vous des présidentielles de 1995, qui peut dire que le soutien au candidat Balladur revenait à soutenir un candidat de l'UDF? L'absence de candidat est souvent catastrophique pour la suite. Bayrou aurait-il rassemblé 18% en 2007 sans candidature en 2002?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il n'y avait pas besoin d'être un grand stratège pour prédire l'incompatibilité entre la participation de Nathalie Boulay-Laurent à l'équipe Dassault, condamnée, et son appartenance au MoDem, même si elle n'était plus adjointe depuis mars 2008. L'autre alternative était de préparer une relève. Le départ de Christine Boutin est suffisamment connu et ancien, là aussi le MoDem avait tout le temps de préparer une succession. Les deux situations sont très différentes, mairie corrompue à Corbeil, démission à Rambouillet, mais dans les deux cas, il était évident qu'il fallait préparer une candidature du MoDem pour les élections à venir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un candidat ne se parachute pas du jour au lendemain. Il était essentiel de préparer l'avenir dans des lieux où l'on savait depuis un certain temps que la sociologie était plutôt favorable et que les ex-UDF ne seraient plus nos candidats. &lt;strong&gt;Corbeil et Rambouillet pouvaient être les terrains d'expérimentation en grandeur réelle où nous pouvions démontrer notre capacité à construire une alternative crédible.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faute d'une planification minimale, &lt;strong&gt;au lieu d'avoir investi un candidat MoDem susceptible de fédérer autour de lui l'opposition à l'UMP, nous abandonnons ce rôle à Europe écologie ou au Parti Communiste!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne ferai aucun commentaire sur la survie du PCF, qui n'est plus vraiment un parti d'avenir, à supposer qu'il l'ait été un jour. Quant à la sympathique Anny Poursinoff, si elle est assurément une femme de conviction, il faut que les candidats adverses soient vraiment mauvais pour n'avoir pas su faire de propositions plus complètes que celles de sa profession de foi du 1er tour, étroitement centrées sur des questions écologiques. Il n'y avait pas là de si redoutables adversaires pour un candidat MoDem un peu dynamique, convaincu, implanté localement et cohérent avec lui-même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment peut-on manquer une si belle occasion alors que le Parti Socialiste qui serait notre principal concurrent s'enlise dans ses crises internes? Une victoire du MoDem aurait pourtant été la preuve qu'il est capable de rassembler contre une UMP dont les électeurs ne veulent manifestement plus, si ce n'est par défaut. Quel bon présage ces partielles auraient représenté pour les Régionales...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Élections en Allemagne: victoire de Merkel, mais recomposition en marche?</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/28/elections-en-Allemagne</link>
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    <pubDate>Mon, 28 Sep 2009 08:02:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>International</category>
            
    <description>&lt;p&gt;En apparence, tout rentre dans l'ordre: La CDU/CSU retrouve un gouvernement de coalition avec son allié habituel le FDP après la parenthèse de l'inhabituelle &quot;grande coalition&quot; CSU/CDU et SPD. En apparence seulement, car les scores sont éloquents: net recul de la CDU/CSU avec 33,6%, son plus mauvais score depuis 1949, net recul du SPD avec 23%, à peine plus que l'addition des Verts et du Parti de Gauche. Bref, les deux grands partis de gouvernement connaissent une défaite sans précédent, malgré la victoire de la chancelière. En revanche, les &quot;petits&quot; partis passent tous les 10%: les libéraux réalisent l'un de leurs meilleurs scores avec 14,7%, die Linke arrive en 4e position avec 12,2%, et les Verts font un score en demie teinte avec 10,5%, plus de 10 mais moins que die Linke.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.electionsallemandes_m.jpg&quot; alt=&quot;elections allemandes&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;elections allemandes, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'Allemagne n'échappe donc pas au mouvement de fond observé partout en Europe: désaffection pour les habituels partis de gouvernement, aspirations nouvelles, montée de nouvelles forces. La droite, malgré des scores historiquement faibles, l'emporte malgré tout, plutôt par défaut que par conviction. Le grand perdant est le SPD qui totalise à peine plus que les Verts et die Linke. Le scénario rappelle les Européennes en France: victoire de l'UMP par défaut, défaite du PS, montée d'Europe Ecologie et du Parti de Gauche, faibles scores des extrêmes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'Europe se cherche des alternatives, son personnel politique habituel lasse. L'alternative est parfois recherchée aux extrêmes (voir les Régionales en Autriche ce week-end), elle est plus souvent recherchée chez les &quot;petits&quot; partenaires des anciennes coalitions qui pourraient devenir les &quot;grands&quot; partenaires avec le temps, ce qui est plus rassurant. Pour le moment, faute de programme commun et de cohérence chez les &quot;petits&quot;, les habituels gardent la tête (au moins en Allemagne), mais pour combien de temps?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que ce soit en Suède, en Hongrie, en France, en Allemagne, malgré des situations politiques et des histoires très différentes, les aspirations se rejoignent: la classe politique actuelle apparaît dépassée, déconnectée des réalités du quotidien, parfois corrompue, les citoyens se tournent vers davantage d'initiative économique (les libéraux), davantage de préoccupations sociales face à la crise (les partis de gauche) ou davantage d'attention à l'environnement (les Verts).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces trois axes politiques: l'économie, le social, l'écologie autrement apparaissent comme trois pistes pour sortir de la crise actuelle. Les électeurs semblent conscients que le monde a changé et que les vielles recettes sont périmées. Ils sont à la recherche de nouvelles solutions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste à trouver un programme cohérent pour concilier ces trois aspirations à un monde différent.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Pourquoi je demande un référendum sur la Poste</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/23/La-Poste</link>
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    <pubDate>Wed, 23 Sep 2009 01:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Economie</category>
        <category>Europe</category><category>MoDem</category><category>Poste</category><category>Services publics</category><category>Votation citoyenne</category>    
    <description>&lt;p&gt;Du 27 septembre au 3 octobre je participerai à l'organisation de la votation dans le 6e arrondissement. Les détails de l'opération se trouvent sur un site internet: &lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/23/www.appelpourlaposte.fr&quot;&gt;www.appelpourlaposte.fr&lt;/a&gt;
Je ne partage sans doute pas exactement la même vision de l'avenir de la Poste avec tous les signataires de l'appel, mais je partage le souci d'un débat public ouvert et d'une vraie discussion sur l'avenir des services publics. Je m'associe donc à la demande de débat et au refus de la solution imposée par le gouvernement.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.sevice_public_postal_1mo_m.jpg&quot; alt=&quot;laposte&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;laposte, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s'agit de demander un referendum et un débat public sur l'avenir de la poste et de refuser la décision gouvernementale assez incohérente qui consiste à privatiser sans le faire vraiment (puisque les nouveaux capitaux seront publics avec la Caisse des Dépots et que la Ministre soutient qu'il n'y a pas de privatisation). Nous pouvons craindre à la fois pour le maintien d'un service public efficace et pour les finances publiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les dernières prises de position de François Bayrou, de Corinne Lepage, des parlementaires européens du MoDem et de nos candidats aux Européennes sur les questions de privatisation ont fait du MoDem des partenaires évidents et incontournables de ce mouvement citoyen. Le MoDem a été sollicité pour participer au collectif, c'est un signe positif qu'il demeure un acteur important du paysage politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour autant, refuser le projet gouvernemental n'est pas se contenter du statu quo. La Poste telle qu'elle fonctionne aujourd'hui est une institution perfectible. Pour assurer sa pérennité, il faudra la repenser en tenant compte de deux impératifs:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;1: L'État doit assurer la continuité et la diffusion de services publics qui représentent l'infrastructure nécessaire au développement d'un pays: l'éducation, les réseaux de transports, les communications, etc. Adam Smith en a fait la liste à la fin de &lt;em&gt;La Richesse des Nations&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;2: Ces services doivent être assurés au meilleur coût et avec la meilleure efficacité pour l'ensemble des citoyens. Dans cette perspective, les anciens modèles hérités de la construction de l'Etat-providence de la fin du XIXe siècle à l'immédiat après-guerre sont à repenser. Ils ont rendu de bons et loyaux services en leur temps, mais ne sont plus forcément adaptés à la situation actuelle. Si l'État doit pouvoir réguler et garantir la continuité des services sur l'ensemble des territoires, cela ne signifie pas qu'il doit assurer lui-même intégralement le fonctionnement du service. La question du financement des services doit également être reposée. Quelles doivent être les parts respectives du consommateur/usager et des différentes collectivités publiques? Dans la contribution des collectivités, quelles collectivités doivent contribuer et quelles doivent être les sources de financement? La solution la mieux adaptée n'est peut-être plus un État centralisé qui tire ses principaux revenus de la TVA et des impôts sur le travail salarié.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;L'entreprenariat social (ou social business) décrit par Muhamad Yunus est une piste pour penser des services publics adaptés à notre époque.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Que s'est-il finalement passé à La Grande Motte ?</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/13/la-grande-motte</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0eaf5ae750ca4b7cab3560a85bb44195</guid>
    <pubDate>Sun, 13 Sep 2009 16:49:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Régionales 2010</category>
        <category>alliances</category><category>Bayrou</category><category>GRID</category><category>Jean-François Kahn</category><category>MoDem</category><category>régionales</category>    
    <description>&lt;div style=&quot;font: normal normal normal 12px/normal 'DejaVu Sans', 'Lucida Grande', 'Lucida Sans Unicode', Arial, sans-serif; color: rgb(0, 0, 0); background-image: initial; background-repeat: initial; background-attachment: initial; -webkit-background-clip: initial; -webkit-background-origin: initial; background-color: rgb(249, 249, 249); margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 0; margin-left: 0; padding-top: 2px; padding-right: 2px; padding-bottom: 2px; padding-left: 2px; border-top-style: none; border-right-style: none; border-bottom-style: none; border-left-style: none; border-width: initial; border-color: initial; background-position: initial initial; &quot;&gt;&lt;p style=&quot;margin-top: 0; &quot;&gt;En apparence, une Université de rentrée assez terne à la Grande-Motte. Beaucoup de presse pour finalement assez peu d'événements, des militants moroses, tendus et dans l'expectative. Il faut reconnaître que l'équation semble insoluble : l'alliance avec l'UMP serait incohérente pour l'hyper-opposant de l'hyper-président, mais l'alliance à gauche est tout aussi périlleuse. Comment ne pas s'y retrouver dans le rôle du supplétif ?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La stratégie de la grande alliance républicaine anti-Sarko est séduisante, mais sans volonté de du PS et des Verts de partager cette stratégie et sans moyens de s’y positionner légitimement en leader, l’hypothèse est irréaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui s'est passé à la Grande-Motte, il faut comprendre les différents agendas des différents acteurs, sachant que les frontières entre les groupes ne sont pas étanches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;    &lt;div style=&quot;font: normal normal normal 12px/normal 'DejaVu Sans', 'Lucida Grande', 'Lucida Sans Unicode', Arial, sans-serif; color: rgb(0, 0, 0); background-image: initial; background-repeat: initial; background-attachment: initial; -webkit-background-clip: initial; -webkit-background-origin: initial; background-color: rgb(249, 249, 249); margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 0; margin-left: 0; padding-top: 2px; padding-right: 2px; padding-bottom: 2px; padding-left: 2px; border-top-style: none; border-right-style: none; border-bottom-style: none; border-left-style: none; border-width: initial; border-color: initial; background-position: initial initial; &quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: normal; &quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/alliancesor.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float: right; margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em; &quot; title=&quot;alliances, sept. 2009&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'agenda de François Bayrou: être élu en 2012.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;Cela suppose avant tout de conserver son indépendance. Dans cette perspective l'alliance n'est possible qu'en position de force, impossible sinon, perspective peu réjouissante pour les élus potentiels. Annoncer d'emblée une stratégie d'autonomie pourrait les pousser à aller négocier avec les listes concurrentes, il faut donc ouvrir la porte à des discussions, mais se donner le temps de construire les moyens de négocier en position de force et préparer le terrain au cas où l'alliance serait suicidaire pour 2012.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'agenda des conseillers sortants et des conseillers potentiels : être élus ou réélus en 2010.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;La mécanique électorale, soi-disant proportionnelle, donne une large prime au vainqueur et ne laisse que des miettes à celui qui arriverait en troisième position, à supposer qu'il parvienne à passer la barre des 10% au premier tour. Même dans ce cas, le trop petit nombre d'élus ne permettrait pas de constituer un groupe et d'exister. Il faut donc des alliances, de préférence des alliances gagnantes qui permettent de participer à l'exécutif, ce qui fait véritablement l'intérêt du mandat. Quelle alliance ? D'une région à l'autre, il est clair que les intérêts divergent. L'option &quot;à gauche toute&quot; élimine les candidatures des élus qui participent à des réseaux ou des majorités de droite, &quot;à droite toute&quot; est très incohérent avec l'image nationale d'opposant de Bayrou. L'alliance locale expérimentée aux Municipales serait une bonne option pour les futurs conseillers, mais ils savent son manque de lisibilité. Une alliance verte-orange de 1er tour avant une négociation d'égal à égal avec le PS serait la meilleure option, mais Les Verts, après leur succès des Européennes, veulent tenter un premier tour en solitaire ou une négociation en position de force dès le 1er tour avec les socialistes. Le pire serait pour cet agenda l'absence complète d'alliance. C'est la survie de notre mouvement qui se joue, chacun le ressent à sa manière.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L'agenda des militants qui veulent faire de la politique autrement:&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;Contre la cuisine politicienne, ces acteurs sont plutôt favorables à une stratégie d'autonomie et mettent l'accent sur l'originalité d'un nouveau projet de société, et en interne, de nouvelles pratiques politiques. Ils partagent avec Bayrou la perspective de la victoire en 2012, mais l’attendent sur deux sujets: la désignation démocratique des candidats et la construction d'un projet original qui précipite la recomposition du paysage politique. L'agenda du &lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/09/13/www.legrid.fr&quot;&gt;GRID&lt;/a&gt;&amp;nbsp;s'inscrit dans cette perspective, avec une priorité au projet.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;h4&gt;Que s'est-il finalement passé à La Grande Motte ?&lt;/h4&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Premier temps vendredi&lt;/strong&gt;, s'associer avec les élus du côté du jeu politicien pour ouvrir la porte des alliances et ne pas trop s'encombrer de démocratie interne vécue vraisemblablement comme une perte de temps, d'énergie et de contrôle. Les futurs élus respirent, mais chacun sent aussi toutes les incohérences et les risques potentiels d'une alliance à gauche. &lt;a href=&quot;http://www.legrid.fr/post/2009/09/Tout-ca-pour-ca&quot;&gt;Tout ça pour ça?&lt;/a&gt;&amp;nbsp;Avons-nous traversé dix ans le désert pour passer du rôle de supplétif de la droite à celui de supplétif d'une gauche qui n'est pas certaine de vouloir de nous ?&lt;/li&gt;
&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Second temps dimanche&lt;/strong&gt;, les alliances au sens large passent au second plan, la priorité est au projet collectif, plus au projet d’un seul homme, la revendication des militants et de Jean-François Kahn semble être entendue. Médiatiquement, «l’offre publique de dialogue» ou le «parlement de l’opposition» sont des bombes largement reprises, elles ont l’avantage d’occulter les jeux politiciens qui avaient dominé les premiers jours. En théorie, nous devrions enfin sortir de la rhétorique de la critique et parler de projet avant de parler d’alliances. Reste à vérifier que nous allons véritablement vers une dynamique de projet collectif et qu’il n’y a pas là que des mots. L’annonce de discussions très rapides au «parlement de l’opposition», bien avant le congrès d’Arras, laisse craindre une grand messe sans incidence sur l’agenda réel du MoDem.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;strong&gt;&lt;div style=&quot;font: normal normal normal 12px/normal 'DejaVu Sans', 'Lucida Grande', 'Lucida Sans Unicode', Arial, sans-serif; color: rgb(0, 0, 0); background-image: initial; background-repeat: initial; background-attachment: initial; -webkit-background-clip: initial; -webkit-background-origin: initial; background-color: rgb(249, 249, 249); margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 0; margin-left: 0; padding-top: 2px; padding-right: 2px; padding-bottom: 2px; padding-left: 2px; border-top-style: none; border-right-style: none; border-bottom-style: none; border-left-style: none; border-width: initial; border-color: initial; background-position: initial initial; &quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;Sans être tout à fait dupe, le &lt;a href=&quot;http://www.legrid.fr/post/2009/09/Tout-ca-pour-ca&quot;&gt;GRID&lt;/a&gt;&amp;nbsp;prépare dès maintenant des propositions pour le congrès d’Arras&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;et travaille à ce qu’il ne soit pas un congrès-potiche mais le lieu d’une véritable discussion participative sur un projet. Le GRID reste persuadé qu’un projet original et porté par les militants est le préalable à toute discussion sur des dynamiques d’idées.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Sans projet, il n’y a d’autre choix que le rôle du supplétif plus ou moins désiré ou le splendide isolement qui conduira à l’élimination des élus et au grand affaiblissement de notre mouvement. Dans les deux cas, les perspectives de victoire en 2012 deviendraient totalement improbables.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Bronzez bonnes gens!</title>
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    <pubDate>Fri, 24 Jul 2009 10:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Politique</category>
        <category>dimanche</category><category>Elargissement</category><category>Enseignement professionnel</category><category>Enseignement secondaire</category><category>Hadopi</category><category>Lois</category><category>Parlement</category><category>Profs</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pendant que les Français ont l'esprit en vacances, à domicile pour les uns, ailleurs pour les chanceux qui peuvent partir, le parlement et le gouvernement redoublent soudain d'activité. En quelques jours, vote de la loi sur le travail le dimanche, décret sur le recrutement et la formation des enseignants, loi sur la mobilité des fonctionnaires, rattachement de la gendarmerie à l'intérieur, texte sur la formation professionnelle, Grenelle de l'environnement définitivement adopté par le Sénat, nouveaux débats sur Hadopi, encore une fois retoqué et reporté, et j'en oublie sans doute.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/vacances.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/vacances.jpg&quot; alt=&quot;OLYMPUS DIGITAL CAMERA         &quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;OLYMPUS DIGITAL CAMERA         , juil. 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
L'adoption du Grenelle de l'environnement, souhaitée depuis longtemps, le report d'Hadopi qui méritait mieux que l'examen de 800 amendements en treize minutes, sont plutôt de bonnes nouvelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le reste, des projets dont personne ne voulait sont passés à l'arrachée: petit oui pour le travail le dimanche, ou sans vraie discussion, au risque de mettre le feu aux poudres à la rentrée, et discret décret sur la formation des enseignants. Quelle était l'urgence d'un tel texte à partir du moment où la réforme ne peut être mise en place qu'à la rentrée 2010 ? Visiblement, les mois de grève dans les universités et les lettres de protestation de la Conférence des Présidents d'Université n'ont pas servi de leçon, à moins que l'on ne cherche volontairement l'affrontement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Restent des réformes de fond, le statut de la gendarmerie, la mobilité des fonctionnaires, la formation professionnelle, sujets qui n'ont pas encore été débattus très publiquement et qui auraient pourtant mérité de l'être. On s'explique assez mal une telle précipitation, si ce n'est pour couper court à des discussions embarrassantes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La télévision et la radio titrent sur les incendies de forêt, la TVA des restaurateurs et autres nouvelles de vacances, avec un savant dosage de catastrophes et de divertissement. Il faut suivre la presse écrite pour voir passer les nouvelles. Radio et télévisions ne sont pas plus bavardes sur les nouvelles de l'étranger: poursuite de la crise aux États-Unis, faillite de la Californie, Bank of America et Citigroup soutenus à bout de bras par l'Etat,  discours du président de la FED au Congrès, silence radio.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes en juillet, bronzez bonnes gens, le gouvernement et les parlementaires pensent pour vous.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Pourquoi je ne suis pas favorable à une alliance MoDem-PS-Ecologie</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/19/Pourquoi-je-ne-suis-pas-favorable-a-une-alliance-MoDem-PS-Ecologie</link>
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    <pubDate>Sun, 19 Jul 2009 19:49:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Régionales 2010</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Si je ne suis pas favorable à  une alliance MoDem-PS-Ecologie, je suis très favorable à une alliance entre le MoDem et l'écologie au sens large.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous avons en commun quelques idées: construire un nouveau modèle de développement, plus durable, plus responsable, plus humaniste. Si nous somme capables d'établir un programme commun, c'est manifestement une piste une piste à explorer. La meilleure voie d'indépendance, pour s'éviter l'absence d'élus, est d'additionner nos voix en espérant créer une recompositions politique.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.orange-vert_m.jpg&quot; alt=&quot;orange-vert.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;orange-vert.jpg, juil. 2009&quot; /&gt;
L'écologie a besoin d'indépendance pour ne pas devenir le petit partenaire étranglé par le PS en échange de quelques sièges, rôle dont nous nous sommes enfin dégagés vis-à-vis de l'UMP. La meilleure voie d'indépendance, pour s'éviter l'absence d'élus, est d'additionner nos voix en espérant créer une recompositions politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En conclusion: Modem-Ecologie oui, mais pas avec le PS au moins pour les trois raisons suivantes:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Au soir des Régionales, le PS apparaîtra comme le perdant. Avec 20 régions sur 22 il ne peut qu'en perdre. Même s'il en conserve une majorité, la presse ne manquera pas de passer en boucle qu'il a perdu des régions. Je ne vois aucun intérêt à s'associer à sa défaite.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Nous n'avons pas gagné notre indépendance vis-à-vis de l'UMP pour nous retrouver dans la même situation avec le PS! Plus questions d'être le petit partenaire faible qu'on étrangle. Nous n'avons pas traversé dix années de désert pour nous retrouver exactement dans la même situation, avec le partenaire symétrique.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Cette alliance est à éviter pour préserver la crédibilité de notre candidat en 2012, pour lui permettre d'apparaître comme une alternative et pas comme un rallié prévisible après le 1er tour. Dans le système de bipartisme qui est celui de notre système électoral, nous avons besoin d'une recomposition politique qui nous permette de passer en première ou en deuxième position, pas de nous contenter de la place du troisième.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Chère Islande, bienvenue au club !</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/16/Chere-Islande-bienvenue-au-club</link>
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    <pubDate>Thu, 16 Jul 2009 23:54:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Europe</category>
        <category>Elargissement</category><category>Islande</category><category>Johanna Sigurdardottir</category><category>Union Européenne</category>    
    <description>&lt;p&gt;&quot;A une voix près, le Parlement de Reykjavik a donné son feu vert jeudi à une demande d’adhésion à l’Union européenne. 33 députés ont voté pour, 28 contre, 2 se sont abstenus. “Sans doute le vote le plus important dans l’histoire de la république islandaise” s’est félicitée la chef du gouvernement Johanna Sigurdardottir.&quot; &lt;a href=&quot;http://fr.euronews.net/2009/07/16/l-islande-dit-oui-a-l-europe/&quot;&gt;Euronews&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/medium_johanna_sigurdardottir.png&quot; alt=&quot;medium_johanna_sigurdardottir.png&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;medium_johanna_sigurdardottir.png, juil. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'Union Européenne attire encore, c'est un bon signe. Les Islandais viennent de faire le choix de demander leur adhésion. Après l'euro-scepticisme voilé des Européennes, enfin une vraie bonne nouvelle pour l'Europe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, il aura fallu de la persuasion à Johanna Sigurdardottir pour convaincre ses alliés Verts, certes la victoire du oui a tenu à peu de choses, mais le oui l'a emporté. D'ici deux ou trois ans, l'Islande pourrait rentrer dans l'Union, si les pays membres donnent leur accord.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au delà du destin de la petite démocratie islandaise, la preuve est faite que:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Contre la crise, l'Europe protège.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le processus de construction européenne se poursuit.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Le désenchantement des élections venait sans doute du fait que l'on pensait avoir atteint un stade qui faisait consensus, les euro-sceptiques virulents se faisant presque discrets, mais sans oser aller au delà. Au-delà, c'était la Turquie - lointaine - ou les pays d'ex-Yougoslavie les plus problématiques - proches mais qui font encore peur, bref rien de très consensuel ou réjouissant. Financer un voisin pauvre, ou supposé tel, n'enthousiasme pas les membres qui doivent déjà faire face à la crise à domicile, on peut le comprendre. Pour le reste, plus d'enthousiasme pour la paix et la stabilité depuis soixante ans, elles sont devenues un minimum exigible qui ne fait même plus rêver les Européens blasés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec l'Islande, c'est une autre histoire: même si elle vient d'essuyer une grave crise financière, elle conserve l'image d'une démocratie prospère, l'aura du modèle social nordique, à tort ou à raison. Son arrivée pourrait redonner à l'Europe confiance en elle-même et en son modèle, lui permettre de se projeter à nouveau dans l'avenir.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le baccalauréat est-il encore un examen national?</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/13/Le-baccalaureat-est-il-encore-un-examen-national</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Jul 2009 16:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Education et recherche</category>
        <category>Baccalauréat</category><category>Enseignement secondaire</category><category>Lycée</category><category>Profs</category><category>Universités</category>    
    <description>&lt;p&gt;D'un côté, un taux de réussite toujours plus élevé, toujours plus de bacheliers avec mention, près de la moitié cette année dans les séries générales, à croire que l'examen est presque bradé, seule hypothèse d'ailleurs pour expliquer la présence croissante dans l'enseignement supérieur de certains étudiants visiblement peu armés intellectuellement. De l'autre, un examen qui reste difficile, une correction pas vraiment généreuse, voire parfois franchement sévère, pour ce qui concerne mon expérience des élèves des bons lycées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment expliquer un tel mystère? Il faut bien supposer que la procédure de correction masque les écarts croissants d'un établissement à l'autre et biaise le caractère &quot;national&quot; de l'examen.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/bac.jpg&quot; alt=&quot;bac.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;bac.jpg, juil. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si les sujets sont nationaux, si les épreuves ont lieu le même jour, il serait naïf d'imaginer que le baccalauréat tel qu'il est organisé est véritablement un examen national. En effet, les corrections, elles, ne sont harmonisées qu'en apparence. Chaque correcteur reçoit ses paquets, reçoit peut-être des instructions sur une moyenne et un écart-type dont il conviendrait de s'approcher, et corrige. Sa tendance naturelle sera de repérer les meilleures copies, les moins bonnes, et d'échelonner les autres entre ces deux extrêmes. Dans l'absolu, une copie ne correspond pas à une note indiscutable, et il ne peut en être autrement. Selon les instructions reçues des commissions d'harmonisation et les usages de sa discipline, le correcteur notera plutôt de 2 à 18 ou de 5 à 14 ou toute autre combinaison. Ce qui est objectif est le classement des copies les unes par rapport aux autres dans un paquet donné, les notes qu'on leur fait correspondre relèvent d'une décision délibérée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A ce stade, il serait malhonnête de crier au truquage, chaque correcteur (ou presque) fait en général son travail consciencieusement. On voit qu'il suffit par exemple de demander d'éviter les notes au dessous de 6 ou 7 ou d'éviter les notes au dessus de 14, sauf copies exceptionnelles, pour réguler le nombre de reçus et de mentions. 80% de mentions paraîtrait un peu exagéré dans certains lycées, qu'on les plafonne à 60%, à l'opposé 5% est transformé en 40%. Ainsi s'explique le miracle annuel des taux de réussite perpétuellement croissants, avec des écarts presque raisonnables d'un établissement à l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste à examiner comment sont constitués les paquets. Ils sont composés par secteurs, par groupes de lycées. On comprend alors qu'un paquet de &quot;bons&quot; lycées parisiens des 5e, 6e et 7e, par exemple, sera nettement plus défavorable à l'élève qu'un paquet de lycées qui regroupent des élèves en difficulté, toutes choses égales par ailleurs. Si l'on voulait une vraie correction nationale, il faudrait mélanger bien davantage les origines des copies corrigées par une même personne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un tel système a un grand avantage: masquer les disparités réelles de niveau d'un secteur à l'autre. Il a aussi un inconvénient majeur: les élèves moyens y sont doublement perdants. Alors qu'ils ont raisonnablement choisi de bons établissements, leurs copies se retrouvent évaluées avec les meilleures mais pas avec les moins bonnes, ce qui a pour effet de leur attribuer des notes à peine supérieures à ceux qui auraient dû être recalés. Ce mécanisme rappelle désagréablement les problèmes que rencontrent aujourd'hui les classes moyennes en terme d'emplois ou de salaires...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Seule consolation pour eux: ils réussiront sans doute nettement mieux dans l'enseignement supérieur auquel ils ont été mieux préparés et où le brassage des étudiants est plus réel. Quant aux heureux bacheliers des secteurs défavorisés, ils risquent de devenir un an plus tard des étudiants qui pleurent leur échec aux examens, faute d'une bonne préparation et illusionnés par leurs succès faciles du lycée. L'injustice est encore plus grave que pour les premiers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment sortir des hypocrisies du système? Il n'y a guère que deux issues à cette question:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;ou bien admettre que les lycées ne se valent pas, et reconnaître officiellement la compétition de fait. Dans cette hypothèse, le diplôme de fin d'études secondaires devient un diplôme &quot;maison&quot;, dont la valeur est liée au classement du lycée. On peut parier que les disparités ne feront que croître et que la promotion sociale deviendra quasi impossible. Comment le bon élève du secteur défavorisé pourra-t-il faire valoir sa qualité? Je ne suis pas favorable à un tel système. La version douce de cette option est le contrôle continu qui a ses promoteurs. Il est vrai que si l'on vide de son sens l'examen national, on doit leur donner raison. D'autre part, si le diplôme de fin d'études secondaires devient un diplôme &quot;maison&quot;, un autre examen restera à inventer comme le S.A.T. (Scholastic Assessment Test) ou le A.C.T. (American College Test) aux Etats-Unis ou d'autres tests équivalents dans tous les pays sans examen national. Est-ce bien utile de réinventer ce qui existe déjà?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;ou bien mélanger davantage les origines des copies d'un même paquet. Certes c'est un surcroît d'organisation, mais c'est la seule façon de conserver à l'examen un caractère vraiment national. Dans cette hypothèse, le baccalauréat reste un référent commun à l'ensemble du secondaire et les disparités entre lycées devraient tendre à diminuer en encourageant à faire des efforts pour obtenir des résultats moins biaisés qu'aujourd'hui. Les élèves seront les premiers gagnants.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le dimanche a la vie dure</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/08/Travailler-le-dimanche</link>
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    <pubDate>Wed, 08 Jul 2009 12:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Société</category>
        <category>dimanche</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;Retour des débats sur le travail le dimanche. Beaucoup d'idéologie comme d'habitude.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux écueils à éviter à mon avis: 1) ne pas reconnaître qu'il existe forcément des obligation de service (hôpitaux, transports en commun, police, pompiers, etc.) ou des habitudes culturelles (marchés, commerces de bouche le dimanche matin); 2) s'imaginer que le dimanche est un jour comme les autres.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/travail_dimanche-250x300.jpg&quot; alt=&quot;travail_dimanche-250x300.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;travail_dimanche-250x300.jpg, juil. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Révolution Française avait imaginé imaginé un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_républicain&quot;&gt;calendrier républicain&lt;/a&gt; avec des semaines de dix jours et un &quot;décadi&quot;. Cela présentait en apparence des garanties de laïcité, de rationalité et de calcul en base 10, mais le vieux calendrier grégorien a vite repris le dessus en 1806. On ne se débarrasse pas si facilement de rythmes millénaires, le dimanche était jour de repos depuis 321.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nouvelles tentatives de banalisation au cours du XIXe avec la révolution industrielle et nouvel échec: En 1906, la &quot;loi sur le repos dominical&quot; consacre le dimanche comme jour de repos en France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi une telle permanence dans le temps et dans l'espace? On observe le même phénomène dans les autres pays du monde: une semaine de sept jours avec une journée de repos. Le jour lui-même peut varier en fonction des cultures et des religions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est important est manifestement d'avoir un jour différent des autres, de créer un rythme du temps qui permette de baliser un temps social. J'ai vécu en 1994-1995 en Californie. Au départ, j'ai trouvé plutôt commode de pouvoir faire des courses n'importe quel jour de la semaine et d'échapper au relatif ennui de certains dimanches provinciaux de mon enfance. Assez rapidement néanmoins, le temps est devenu d'une monotonie terrible parce que les jours se suivaient et se ressemblaient. Nous avons besoin d'un temps social différencié, c'est précisément la raison pour laquelle il ne convient pas de banaliser le dimanche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, pour ou contre le travail le dimanche? Etre radicalement contre serait méconnaître la réalité, habitudes culturelles et obligations de service. Etre radicalement pour serait banaliser complètement cette journée, option qui n'a d'ailleurs jamais résisté dans le temps. Finalement, le statu quo n'est peut-être pas le plus mauvaise solution, en prévoyant de légiférer sur les pratiques actuelles souvent hors de la légalité dans les grandes surfaces des zones périphériques. La décision finale devrait se faire en prenant en compte à la fois les besoins des consommateurs, des salariés et des différents types de commerce.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Merci aux &lt;a href=&quot;http://www.jeunesdemocrates33.fr/blog/index.php/2008/12/&quot;&gt;Jeunes Démocrates de Gironde&lt;/a&gt; pour l'illustration.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Croissance des inégalités dans la pauvreté</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/06/Croissance-des-in%C3%A9galit%C3%A9-dans-la-pauvret%C3%A9</link>
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    <pubDate>Mon, 06 Jul 2009 17:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Pauvreté</category>
        <category>Martin Hirsch</category><category>Olivier Marguery</category><category>pauvreté</category>    
    <description>&lt;p&gt;Alors que mon cher Camarade Martin Hirsch se félicitait ce matin de la généralisation du RSA, Olivier Marguery (&lt;a href=&quot;http://www.eapn.org/&quot;&gt;EAPN&lt;/a&gt;) démontrait en février de cette année que l'on organise l'inégalité dans la pauvreté ... sans résoudre les problèmes de pauvres. J'avais aimé le livre de Martin Hirsch, j'avais cru que le RSA était enfin une solution, mais il semblerait qu'il n'est qu'une mesure de plus qui ne fait qu'ajouter une catégorie à la pauvreté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A considérer la manière dont il est généralisé sans avoir pris la peine de se pencher sur les rapports d'évaluation du dispositif, je suis encore plus sceptique. Nous marchons à grands pas vers une distribution des revenus à l'américaine alors qu'il existe d'autres modèles dont nous pourrions nous inspirer.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.inegalites_pauvrete_m.jpg&quot; alt=&quot;inegalites_pauvrete.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;inegalites_pauvrete.jpg, juil. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le pouvoir d'achat du SMIC a augmenté de 5,6% en dix ans, celui du RMI de 2,7%, celui de l'Allocation Handicapé de 1,3%. Le RMI représentait 50% du SMIC il y a dix ans, 40% aujourd'hui: les inégalités entre pauvres s'accroissent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que les pays scandinaves ont un profil de revenus en trapèze &amp;lt;&amp;gt; (peu de revenus élevés, peu de revenus faibles) , que la France des années 80 avait un profil en pyramide /_\, la France des années 2000 tend vers un profil &amp;gt;&amp;lt; en diabolo à l'américaine: beaucoup de pauvres, beaucoup de riches, des classes moyennes en voie de disparition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il existe plusieurs modèles de politiques pour l'inclusion en Europe:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;un modèle nordique universaliste dans lequel on cherche à faire baisser l'intensité de pauvreté par un accès universel à des droits sociaux. Rappelons que le Danemark ne compte que 4% de pauvres!&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un modèle continental dans lequel on cherche à faire baisser le taux de pauvreté à travers des prestations ciblées basées sur le salariat. La France est dans ce modèle qui par définition donne peu de droits aux non-salariés, qui sont pourtant les pauvres!&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un modèle méditerranéen qui fait reposer la lutte contre la pauvreté sur les solidarités familiales.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un régime à la britannique qui repose sur des prestations ciblées pour les plus pauvres et des régimes privés.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/philippe.dubois/&quot;&gt;Photographie par Philippe Dubois&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>11 millions de pauvres en France</title>
    <link>http://www.anne-sophie-godfroy.fr/post/2009/07/06/11-millions-de-pauvres-en-France2</link>
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    <pubDate>Mon, 06 Jul 2009 17:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anne-Sophie Godfroy</dc:creator>
        <category>Pauvreté</category>
        <category>Martin Hirsch</category><category>Olivier Marguery</category><category>pauvreté</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tous les pays d'Europe définissent le seuil de pauvreté à 60% du salaire médian. Tous? non. La France persiste à le définir à 50% du salaire médian, ce qui lui permet d'afficher seulement 6 millions de pauvres au lieu de 11. Nous nous obstinons aussi à parler d&lt;em&gt;'exclusion&lt;/em&gt; quand tous les autres pays parlent d&lt;em&gt;'inclusion&lt;/em&gt;. Il est vrai que la réalité n'est pas agréable à regarder en face et que nous ne faisons pas grand chose pour la changer, malgré les déclarations de Martin Hirsch. Voici quelques données sur la question fournies par Olivier Marguery, président du &lt;a href=&quot;http://www.eapn.org/&quot;&gt;réseau anti-pauvreté Europe&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.anne-sophie-godfroy.fr/public/Images_billets/.11millionspauvres_m.jpg&quot; alt=&quot;11millionspauvres.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;11millionspauvres.jpg, juil. 2009&quot; /&gt; &lt;em&gt;Photo par Philippe Dubois&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/philippe.dubois/&quot;&gt;http://pagesperso-orange.fr/philippe.dubois/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;11 millions de pauvres en France. La pauvreté touche principalement les jeunes, les femmes, les familles mono-parentales. 28% des jeunes ne terminent pas leurs études secondaires, soit 400.000 jeunes par an. Plus de 20% des jeunes sont touchés par le chômage, même ceux qui sont qualifiés sont éloignés de l'emploi. 4 chômeurs sur 10 ne reçoivent rien (bientôt 5 sur 10). Un tiers des chômeurs sont pauvres, et plus l'on s'éloigne de l'emploi, plus on est pauvre. Mais l'emploi ne protège pas complètement, 8% des travailleurs sont des travailleurs pauvres. 20% des familles monoparentales sont pauvres, un tiers vivent des minima sociaux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour résumer, être isolé, être jeune, être une femme, être au chômage, être âgé, être peu qualifié, augmente le risque de pauvreté. Les territoires de la pauvreté sont les zones urbaines sensibles (un tiers de leur population est pauvre), les périphéries des villes, les zones rurales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Face à cela, 9 minima sociaux différents (encore une spécificité française) — 3,5 millions de personnes sont bénéficiaires, 7 si l'on compte également les conjoints — 576 régimes de retraite: ce qui ne facilite pas l'accès des personnes pauvres à leurs droits à la santé, au logement, au crédit et aux banques.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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