Grand show à la télé
Par Anne-Sophie Godfroy.
mercredi 7 février 2007, 04:09.
International
Anna Politkovskaïa
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18 décembre 2003: Le Président répond aux Russes à la télévision ! Grandiose: Poutine va à la rencontre de son peuple via des émissions télévisées. Au cours des dernières semaines, les organisateurs du show Poutine ont demandé à la population de leur adresser des questions qu'ils poseraient à leur prestigieux invité. ils affirment avoir reçu plus de un million de questions diverses. [...] Ce sont les présentateurs favoris du président qui ont l'honneur de jouer les Monsieur Loyal. [...] Les questions affluent, elles sont tout sauf spontanées. Tout comme les réponses d'ailleurs. On voit à l'oeil nu que ces échanges ont été soigneusement préparés à l'avance.

[...]
Comment interpréter cette "rencontre du président avec le pays?"?
Etait-ce la présentation de la plate-forme électorale du favori à la
course présidentielle ? Pas vraiment, puisqu'il n'y a rien de nouveau
ni de programmatique. Il s'est contenté de répéter une énième fois ce
que tout le monde savait déjà. Cette émission, c'était plutôt une
adresse du souverain à son peuple, dans la plus grande tradition
soviétique, voire tsariste.
Ce texte est un extrait du journal d'Anna Politkovskaia, Douloureuse Russie.
Elle y raconte comment le candidat Poutine a fait campagne pour "Russie
Unie", la parti créé par et pour lui: pas de programme, à part quelques
promesses populistes et l'étalage d'un bilan flatteur mais mensonger,
en décalage complet avec la réalité du pays. Elle raconte la même
absence de programme des candidats de Russie Unie dont les déclarations
se résument à "je soutiens le président Poutine, Poutine est bon pour
la Russie". Elle remarque le refus de débattre avec les autres
candidats. Le débat est remplacé par une parodie de dialogue avec le
peuple.
Si cela ne vous rappelle pas certaine émission récente organisée par la
société de production de Dominique Ambiel... Rassurons nous, nous n'en
sommes pas encore à l'élimination physique passagère des concurrents
potentiels, comme le malheureux Rybkine, le seul candidat à peu près
démocrate du scrutin russe de 2003. Nous avons aussi la chance d'avoir
des "vrais gens" sur la plateau, pas seulement leur questions. Espérons
que ce ne soit pas la seule différence avec la Russie.
Commentaires
very good
great