Où étaient les Français à Madrid?
Par Anne-Sophie Godfroy.
Mardi 13 février 2007, 04:09.
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Le 26 janvier 2007, les 18 Etats membres qui
ont ratifié la Constitution européenne se sont rencontrés à Madrid pour
tenter de sauver le texte. Pour la première fois, la France, pays
fondateur de l'Union ne participe pas à un sommet européen. Il est vrai
que ce sommet était plutôt celui des "ouistes", mais était-ce une
raison pour ne pas y participer ?
Premier
constat: il est nécessaire de doter l'Union de nouvelles règles de
fonctionnement sous peine de la laisser s'enliser dans le chantage à
l'unanimité et les caprices nationaux de ses différents membres. Les
règles prévues pour une douzaine ne tiennent plus à vingt-sept, la
Commission en fait l'expérience tous les jours. Il est urgent de
réviser le mode de fonctionnement, ce qui aurait dû être fait à Nice en
2001 d'ailleurs, mais hélas, la France cette fois encore était en
campagne électorale et a préféré différer les décisions et remettre le
traité constitutionnel après l'entrée des dix nouveaux en 2004.
Deuxième constat: La France et les Pays-Bas ont voté non, ce sont donc
les premiers à convaincre de se relancer dans l'aventure européenne.
Certes, le moment de la campagne n'est pas le meilleur puisque ses
dirigeants actuels ne peuvent pas engager la France alors que des
élections présidentielles et législatives ont lieu dans quelques mois,
mais ils peuvent expliquer et analyser les raisons du non, étape
essentielle pour commencer à travailler à une relance du projet alors
que l'Allemagne n'aura que quelques semaines après les élections
françaises pour faire des propositions. Une telle attitude aurait été
responsable vis-à-vis des autres citoyens européens.
Cela ne semble d'ailleurs pas si impossible. Il existe un consensus a
minima entre les principaux candidats: revoter sur un texte court,
reste évidemment à savoir quel texte court, et quand et comment
revoter, là, les avis divergent ! François Bayrou a fait une proposition à Strasbourg
qui semble raisonnable. Si un nouveau vote par referendum est risqué,
c'est pourtant la seule solution pour ne pas couper définitivement les
Français de l'Europe. Refuser d'entendre leur refus et voter ensuite au
parlement dans leur dos ce qu'ils avaient refusé serait désastreux et
renforcerait le mythe d'une Europe élitiste qui se moque de l'avis de
ses citoyens, ce qui n'est pas la vérité.
Voilà pourquoi il était possible et même indispensable d'être à Madrid
pour expliquer les raisons du non et dire que nous sommes prêts à
retravailler une deuxième version.
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