Y a-t-il une place pour le centre dans la vie politique française?
Par Anne-Sophie Godfroy.
jeudi 1 mars 2007, 04:09.
Politique
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Sarkozy et Royal commencent à montrer
quelques signes d'usure. Ils ont dû l'un et l'autre dépenser beaucoup
d'énergie à s'imposer dans leur propre camp avant de commencer à faire
campagne.
Bayrou a sur eux deux avantages: il n'a pas eu à perdre de temps à
convaincre chez lui et a pu se consacrer depuis un an à une vraie
réflexion sur un programme, mais structurellement, le mode de scrutin
est son vrai handicap.
Ségolène
a dû en passer par des primaires difficiles à gagner, elle peine à
trouver des positions qui rassemblent son camp, divisé nettement depuis
le referendum entre une gauche qui se veut historique, intransigeante
et anti-libérale, et un centre gauche qui se réclame des autres PS
européens et de quelques accomodements avec le libéralisme. A cette
difficulté théorique s'ajoutent des questions d'image: faut-il jouer la
virginité politique (toute relative chez cette ancienne ministre sortie
de l'ENA) avec la démocratie participative ou mobiliser les réseaux
traditionnels et ramener les "éléphants" sur le devant de la scène?
Sarkozy a patiemment fait le vide et occupé tous les postes
stratégiques de l'UMP, son ministère lui prend du temps (mais lui offre
aussi des occasions de se mettre en valeur), son positionnement reste
des plus flous, pour séduire les classes populaires, il essaie de ne
pas apparaître pour ce qu'il est, change de discours au point de citer
Jaurès et Blum, est au gouvernement sans vouloir y être, bref, on
serait bien en peine de savoir où il se situe véritablement.
L'un comme l'autre, malgré le flou de leur programme, sont néanmoins
avantagés par un mode de suffrage qui favorise une polarisation
gauche-droite. Malheureusement pour eux, l'épouvantail Le Pen, sur
lequel ils comptaient pour ne pas avoir besoin d'un programme très
détaillé, risque de faire défaut.
Même à la télévision, Le Pen apparaît comme un vieillard malade qui
aura du mal à arriver au bout de sa campagne, s'il réussit finalement à
recueillir ses cinq cents parainages (ce qui dépendra du bon vouloir du
PS et de l'UMP in fine). Il aurait cent fois mieux fait d'envoyer sa fille au lieu de faire une campagne de trop.
Conclusion: Bayrou a l'avantage de l'expérience, d'un programme
crédible, et d'une certaine fraîcheur, puisqu'il ne s'est pas usé dans
des querelles internes avant de commencer.
Reste à savoir q'il y a de la place en France pour un centre, qui
représenterait une vraie recomposition politique. Si l'on suit Patrick
Roger du Monde dans son article du 23 février,
le referendum et le 21 avril 2002 auraient été des tentatives avortées
de réclamer une recomposition politique, dans un pays où l'assemblée
est si peu représentative, en raison du mode de scrutin qui favorise
les alliances et le bipartisme. Bayrou offrirait alors une vraie
alternative, modérée et crédible, que les Français ne devraient pas
manquer de saisir.
Commentaires
great
very good.