bonne_annee_2007.jpg Même l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie et le passage à l’euro de la Slovénie ne suscitent aucun vrai enthousiasme, alors qu’il y a 17 ans, la chute du mur et de Ceaucescu marquaient la fin d’une époque, la guerre froide, et l'ouverture d’une nouvelle ère, que l’on imaginait radieuse. L’Union Européenne n’a pourtant pas tant démérité: Si la critique est aisée, comment ne pas reconnaître que la sortie du communisme en Europe centrale et orientale s’est faite sans effusion de sang, et que la transition démocratique, malgré ses défauts de jeunesse, s’effectue assez bien, même si personne ne semble le remarquer. Il suffit de penser à l’Ukraine, à la Biélorussie, à la Moldavie, à la Yougoslavie pour comprendre que là où l’Union n’intervient pas, le tableau est nettement plus noir: corruption, recul de la démocratie, guerres civiles et génocides, tutelle de Moscou, augmentation de la pauvreté, baisse de l’espérance de vie et de la natalité. Certains de ces pays se tournent d’ailleurs vers l’Europe, signe qui ne trompe pas, et l’on aurait tort de ne pas répondre à leurs appels.

Reste le discours de Jacques Chirac, digne, le ton est juste. Il a raison, que cette année soit celle des débats responsables. Dommage que ce discours si raisonnable soit démenti par une attitude de Père Noël irresponsable. Il n’y manque aucun cadeau à aucune corporation qui pourrait rapporter quelques voix en mai. Ces cadeaux amélioreront-ils vraiment la situation de leurs destinataires? Sans doute un peu, mais pas suffisamment pour leur changer véritablement la vie. En revanche, ils hypothèquent des réformes plus fondamentales, qui travaillent sur les causes plutôt que de passer un peu de pommade sur les effets, et réduisent encore les marges de manoeuvre en alourdissant la dette pour des dépenses qui n’investissent pas dans l’avenir.

Reste à souhaiter à tout le monde une très heureuse année 2007!