Corbeil et Rambouillet: occasions manquées pour le MoDem
Par Anne-Sophie Godfroy.
Mercredi 30 septembre 2009, 08:00.
Elections
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Mauvais présage pour le MoDem qui n'est même pas cité dans la presse. A Corbeil, Nathalie Boulay-Laurent, MoDem mais sans étiquette dans cette élection partielle, ne passe pas le barre des 5%. Où était le candidat du MoDem? On pourrait faire la même remarque pour la législative partielle de Rambouillet où le MoDem a soutenu un divers-gauche socialiste dissident arrivé après la candidate écologiste et après le PS. Un bien mauvais score si l'on se souvient que Bayrou en personne est venu soutenir le candidat. De bien mauvais choix ou pire, pas de choix du tout, et une quasi-disparition du MoDem sur l'échiquier politique dans des circonscriptions pourtant favorables à l'UDF autrefois.

Je ne connais pas les situations locales et n'ai aucun avis sur l'identité des personnes du MoDem qui auraient pu recevoir l'investiture du MoDem. Je déplore simplement l'absence de candidats du MoDem. Donner une investiture à un dissident socialiste n'est pas du tout la même chose que soutenir un candidat MoDem. Souvenez-vous des présidentielles de 1995, qui peut dire que le soutien au candidat Balladur revenait à soutenir un candidat de l'UDF? L'absence de candidat est souvent catastrophique pour la suite. Bayrou aurait-il rassemblé 18% en 2007 sans candidature en 2002?
Il n'y avait pas besoin d'être un grand stratège pour prédire l'incompatibilité entre la participation de Nathalie Boulay-Laurent à l'équipe Dassault, condamnée, et son appartenance au MoDem, même si elle n'était plus adjointe depuis mars 2008. L'autre alternative était de préparer une relève. Le départ de Christine Boutin est suffisamment connu et ancien, là aussi le MoDem avait tout le temps de préparer une succession. Les deux situations sont très différentes, mairie corrompue à Corbeil, démission à Rambouillet, mais dans les deux cas, il était évident qu'il fallait préparer une candidature du MoDem pour les élections à venir.
Un candidat ne se parachute pas du jour au lendemain. Il était essentiel de préparer l'avenir dans des lieux où l'on savait depuis un certain temps que la sociologie était plutôt favorable et que les ex-UDF ne seraient plus nos candidats. Corbeil et Rambouillet pouvaient être les terrains d'expérimentation en grandeur réelle où nous pouvions démontrer notre capacité à construire une alternative crédible.
Faute d'une planification minimale, au lieu d'avoir investi un candidat MoDem susceptible de fédérer autour de lui l'opposition à l'UMP, nous abandonnons ce rôle à Europe écologie ou au Parti Communiste!
Je ne ferai aucun commentaire sur la survie du PCF, qui n'est plus vraiment un parti d'avenir, à supposer qu'il l'ait été un jour. Quant à la sympathique Anny Poursinoff, si elle est assurément une femme de conviction, il faut que les candidats adverses soient vraiment mauvais pour n'avoir pas su faire de propositions plus complètes que celles de sa profession de foi du 1er tour, étroitement centrées sur des questions écologiques. Il n'y avait pas là de si redoutables adversaires pour un candidat MoDem un peu dynamique, convaincu, implanté localement et cohérent avec lui-même.
Comment peut-on manquer une si belle occasion alors que le Parti Socialiste qui serait notre principal concurrent s'enlise dans ses crises internes? Une victoire du MoDem aurait pourtant été la preuve qu'il est capable de rassembler contre une UMP dont les électeurs ne veulent manifestement plus, si ce n'est par défaut. Quel bon présage ces partielles auraient représenté pour les Régionales...
Commentaires
très bonne analyse
mais apparement, la rupture avec l'UDF se veut un principe au MoDem.
Nous perdons tout lien avec les valeurs de l'UDF et, les deux combinés font que nous ne faisons pas de bons scores, voire que nous n'en fassions pas du tout, faute de candidats, dans des territoires de tradition "centriste"; mais cela devient un gros au MoDem.
Jonathan RODRIGUES
Délégué du MoDem 51
Vice-président de la Communauté de Communes Epernay Pays de Champagne
conseiller municipal d'Epernay
"Une victoire du MoDem aurait pourtant été la preuve qu'il est capable de rassembler contre une UMP dont les électeurs ne veulent manifestement plus"
Une nouvelle défaite du Modem serait plutôt la preuve qu'il est incapable de rassembler même contre une UMP dont les électeurs ne veulent plus. Pour ça, il y a le PS. Et c'est pourquoi le Modem se ralliera dès le premier tour au PS dans la majorité des régions.
Tous les efforts du Modem pour détrôner le PS en tant que parti d'opposition ont été inutiles. Dommage que ce parti n'ait pas su travailler à son projet annoncé en 2007. Il est trop tard aujourd'hui pour donner l'illusion aux Français qu'il est capable de proposer une politique différente de ce qui existe déjà.
2012 avance à grands pas, et ce serait dommage de disparaître du paysage politique.